Journal d’un marchand de rêves

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Journal d’un marchand de rêves

Par Anthelme Hauchecorne

Steampunk

Roman – 557 pages

Parution : Octobre 2016 (éditions L’atelier Mosésu)

 

Présentation éditeur :

J’ai séjourné en hôpital psychiatrique. Pas de quoi fouetter un chat sauf lorsque, comme moi, vous êtes fils de stars. Par crainte du scandale, mes parents m’ont expédié loin d’Hollywood, dans la vieille Europe. Les meilleurs spécialistes m’ont déclaré guéri. En vérité, la thérapie a échoué. Les songes ont repris, plus dangereux que jamais. Malgré moi, je me trouve mêlé aux intrigues de puissants Rêveurs. Des gens charmants et bien décidés à m’éliminer, mais avec élégance. M’entêter serait totalement déraisonnable. Pourtant, deux plaies à vif m empêchent de tourner la page… La première est une fille. La seconde, une soif de vengeance. Je m’appelle Walter Krowley. Vous tenez mon journal intime. Prenez-en soin. Ce livre pourrait devenir mon testament…

[Note]

J’ai, encore une fois, hésité à rédiger cette chronique, souhaitant avant tout présenter sur ce blog des lectures qui m’ont marqué. Finalement, on peut dire que cet ouvrage m’a marqué, même si ce n’est pas tout à fait pour les raisons attendues…

Mon avis :

Walter Crowley, jeune citoyen hollywoodien et fils d’acteurs, se découvre un jour un pouvoir inattendu : celui de se rendre dans l’Ever, le monde des rêves. Les premières pages nous présentent un héros marqué par le deuil. Il rédige son journal comme une sorte de testament ; c’est celui-ci que nous lisons.

Avant d’entrer dans « le vif du sujet », le héros-narrateur souhaite nous préparer, poser quelques bases. Il expose sur plusieurs chapitres ce qu’a été sa vie, comment il s’est découvert Rêveur. Puis, nous glissons vers le récit de ses aventures dans l’Ever.

Au vu de ces premières pages, on peut légitimement s’attendre à un récit alterné entre Ever et Eveil. Mais au final, dès l’instant où Walter va découvrir l’Ever, sa vie réelle n’aura presque plus la moindre importance. Il ne nous parlera plus d’elle que de façon succincte ou résumée (pour ne pas dire bâclée), comme lorsqu’il découvre le pouvoir de créativité du sable. Ce point-là aura été pour moi une première déception : il y avait un tel potentiel à exploiter sur cet aspect du récit !

Alors, ce monde des rêves, qu’en est-il ?

L’ouvrage est classé  Dark Steampunk par l’éditeur. Pour le côté Dark, on repassera. Pour le Steampunk… Huuum, moui, dans un sens… Après tout, la conquête de l’ouest, c’est bien l’époque victorienne, et nous retrouvons une certaine esthétique steampunk grâce à la présence d’automates. Néanmoins, l’ambiance, l’exploration des terres vierges de Brumaine, la guerre contre les automates… tout cela évoque davantage les Westerns. Mais les westerns sauce hollowoodienne.

Le cinéma occupe une place centrale dans le récit. Là où l’auteur soigne les péripéties et rebondissements, le narrateur ménage quelques effets pour nous tenir en haleine. Seul petit hic : sur moi, ces effets n’ont pas toujours bien fonctionné. Et pour cause : Walter nous conte son récit de manière linéaire, mais en nous cachant certaines informations. Ces informations sont alors dévoilées plus tard au cours de l’action, à grands renforts de « Je ne vous l’avais pas dit pour la surprise ». En fait, Walter nous ment, purement et simplement. Et moi, lectrice, je NE SUPPORTE PAS qu’on me mente ; c’est viscéral. Je me sens trahie, d’autant plus que le récit est à la première personne, ce qui implique de n’avoir qu’un seul et unique point de vue. Si l’on ne peut pas faire confiance à ce que l’on voit, quel intérêt de lire une histoire ? (Remarquez, dans certains cas, cela peut être intéressant. Mais là, non.)

Bref, vous l’aurez compris, je suis sortie de ma lecture très mitigée. Pour être tout à fait honnête, j’ai survolé les dernières pages, tant j’ai trouvé que cela commençait à traîner en longueur, à s’éterniser. L’univers est aussi riche qu’intriguant, les personnages sont, sinon attachants, au moins cohérents et les thèmes abordés (la dictature, le parallèle conquête de l’ouest/conquête de Brumaire…) sont intéressants. Mais sur moi, la magie du rêve n’a pas vraiment opéré.

Avant de conclure cette chronique, je voulais faire un aparté sur la forme de l’ouvrage.

L’objet-livre en lui-même est à mi-chemin entre le GF et le poche. Épais de plus de 550 pages, il est aussi très lourd (plus de 550g – oui, j’ai poussé le vice jusqu’à le peser). Alors, autant je suis une fervente adepte de l’offset blanc, autant le choix ici ne m’a pas paru des plus judicieux, car cela rend le livre inconfortable à tenir en main. Or, pour un livre que l’on va passer des heures et des heures à tenir, c’est assez gênant.

Quant aux choix de mise en page, ils ne m’ont pas semblé très appropriés non plus. L’interligne est conséquent ; alors oui, le texte est aéré, ça, c’est sûr ! Mais la première fois que j’ai ouvert le livre, j’ai surtout eu le sentiment que l’on avait cherché un moyen artificiel de rajouter des pages, pour masquer un manque de contenu.

Autre point qui m’a gêné concernant la maquette : le changement de police lorsque certains personnages s’expriment – par le biais des retro-visions, par exemple. Rien de tel pour être éjecté direct de sa lecture, surtout en cas de dialogues où chaque tirade est écrite dans une police différente !

En résumé

Soyons honnêtes, je pense être complètement passée à côté de ce récit. La couverture, le résumé, les premières pages, ont créé chez moi des attentes qui n’ont pas été comblées, ce qui a créé une certaine frustration, mais aussi de l’ennui. Pour autant, il ne s’agit pas d’un mauvais récit, bien au contraire ! Je pense que si l’on m’avait présenté cette histoire comme les aventure de Walter dans l’Ever, si l’on m’avait donné un petit aperçu de ce monde et de son ambiance western, j’aurais accroché sans trop de difficulté. C’est dommage !

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